Face à eux de Jason Mott

Résumé : Arcadia, petite ville du Sud des Etats-Unis, perdue au milieu des champs de blé et de soja. Là, comme partout ailleurs dans le monde, un phénomène incompréhensible, inconcevable, se produit… En ouvrant sa porte, Harold, quatre-vingts ans, découvre devant lui la silhouette menue d’un petit garçon : celle de son fils Jacob, tragiquement disparu voilà près d’un demi-siècle, et aujourd’hui revenu de la mort.

Il a beau savoir que partout sur la planète le même phénomène inconcevable se produit, Harold a soudain l’impression que tout ce qu’il croyait sûr et intangible dans le monde vient de s’écrouler aux pieds de ce petit garçon au sourire bouleversant, et dont la mort, cinquante ans plus tôt, a manqué emporter sa raison. Et même s’il ne sait pas qui est vraiment l’enfant qui lui fait face, il sait qu’il n’aura pas la force de refuser cette seconde chance. Et qu’il fera tout pour protéger son fils. Le protéger comme il n’a pas su le faire autrefois. Alors que le gouvernement tente, entre brutalité et aveu d’impuissance, d’endiguer le phénomène, et qu’une partie de la population exprime violemment son rejet, ceux qui font face au retour d’un être cher se retrouvent confrontés aux mêmes questions : les Revenants sont-ils vraiment les mêmes qu’autrefois ? Et pourquoi sont-ils revenus ?

Face à eux est une livre que j’ai lu il y a pas mal de temps, mais je voulais quand même vous en parler, parce que si le livre en lui-même est loin d’être parfait, il a le mérite d’avoir une histoire intéressante qui a donné le jour à une bonne série télé : Resurrection ! 🙂

L’histoire parle donc de comment la vie d’énormément de personnes dans le monde, va changer significativement lorsque les défunts reviennent à la vie ! Ce phénomène est encore plus troublant du fait que tous les morts ne reviennent pas à la vie, que cela peut faire longtemps ou non qu’ils ont perdus la vie (cela peut faire que quelques mois pour certains, ou pas loin de 200 ans pour d’autres !) et qu’ils sont restés identiques à ceux qu’ils étaient lors de leurs décès !

Dans ce roman, on suit principalement l’histoire de Harold et Lucille qui ont perdu leur fils 50 ans plus tôt, qui s’appelait Jacob et qui est mort noyé, à l’âge de 8 ans. Celui-ci revient dans leur vie au début du phénomène. C’est grâce à l’histoire de cette famille que l’on va comprendre le vrai message qu’à voulut nous transmettre l’auteur à travers son livre : « qu’elle serait notre réaction si jamais un être chère que l’on aurait perdu revenait à la vie et sonné à notre porte ? ».

Le fait que le phénomène se passe dans le monde entier dans le livre, permet de voir le meilleur comme le pire de l’humanité face à un événement incompréhensible. Parce qu’on pourrait se dire qu’on serait heureux de retrouver une personne que l’on a aimée et qu’on ne pensait jamais revoir. Mais est-ce qu’on réagirait réellement comme on le penserait ? Un des points forts de ce roman, c’est de répondre en long et en large sur ce genre de thématique avec beaucoup de justesse.

Parce qu’il y a de tout dans les réactions des personnages : la joie, le bonheur, l’incompréhension, le dégoût, le dénis, l’acceptation ou non, la remise en question de la religion ou de ce que l’on peu croire, la peur, l’incrédulité, l’espoir… Grâce aux situations de certains personnages que l’on va suivre comme Harold et Lucille avec leur fils Jacob, ou Martin Bellamy avec sa mère, ou grâce aux autres exemples partout dans le monde que l’auteur met entre presque chaque chapitre, nous montre une palette de réactions parfois compréhensives, parfois absurdes ou parfois immondes et qui représente bien l’humanité dans sa généralité : qu’elle peut offrir de magnifiques choses et être belle, comme elle peut être violente et cruelle.

Pour son premier roman, on sent que Jason Mott a voulu développer son propos jusqu’au bout et que ça le touchait personnellement. Car oui, ce livre a été imaginé par l’auteur à cause d’un rêve qu’il avait fait sur sa mère décédée qui revenait le voir comme si rien c’était passé ! Jason Mott a tellement été bouleversé par ce rêve qui lui a semblé si réel, qu’il a décidé d’en écrire un roman, alors qu’il avait principalement qu’écrit que des poèmes avant cela. Justement, voilà où le gros point faible du livre se trouve : c’est un premier roman, avec tous ces défauts ! Certains auteurs ont le « petit quelque chose en plus » qui font que peu importe ce qu’ils écrivent ou que se soient leur premier livre, ça va passionner, contrairement à d’autres auteurs qui leur faut plusieurs romans pour arriver à trouver leur marque et pour avoir leur propre style d’écriture. Jason Mott fait partie de la seconde catégorie.

Le livre est écrit d’une façon bien trop « basique » et « simple » qui font que certains pans de l’intrigue en pâtissent ou n’arrivent pas à faire ressentir ce qu’elle voulait véhiculer. Encore heureux que le sujet de l’histoire soit bien traité, de façon logique, avec un lourd bagage émotionnel à transmettre, sinon le récit aurait pu être indigeste à cause de l’écriture et de la narration trop simpliste de Jason Mott !

Et l’autre point faible, à mon sens, qui provient également du fait que se soit un premier roman, c’est que l’auteur n’a pas su conclure son livre comme il faut ! Attention, je ne dis pas que la fin est nulle ou décevante, c’est juste qu’il manque un petit quelque chose pour que la fin soit réellement aboutie. Disons qu’on reste avec un petit « tout ça pour ça ? » qui peut gêner le lecteur. Personnellement, ça ne m’a pas plus dérangé que ça, vu que pour moi le plus important dans l’histoire était le message qu’a voulut transmettre l’auteur et les implications que cela représentait. Mais là où, certains comme moi, on vu une fin douce-amère, je peux comprendre ceux qui voient une fin brouillonne et sans saveur… Chacun son ressentis pour la fin donc.

Bilan : Même si, j’ai beaucoup apprécié l’histoire et le message qui véhicule, je ne peux m’empêcher d’être déçu de Face à eux, au vu de ce que la série télé a réussi à faire avec le même postulat de départ. Pour une fois que je préfère l’adaptation… Mais le livre a tout de même énormément de qualités pour ce qui s’agit de traiter à fond son sujet délicat et de montrer l’humanité sous son vrai visage. Par contre, il y a hélas tout les travers d’un premier roman d’un auteur et il faut savoir passer outre pour apprécier pleinement la richesse de l’histoire. En tout cas, c’est un livre qui fait réfléchir et se poser des questions sur comment on réagirait si un proche décédé revenait nous voir, car hélas, c’est un sujet qui nous fait tous écho… Un livre touchant, mais qui aurait mérité de ne pas être le premier de Jason Mott, car il aurait pu être encore mieux que ça. A découvrir si le sujet vous touche ou si vous voulez voir les similitudes et les différences entre le roman et la série Resurrection, que je vous recommande plus que le roman pour le coup ! ^^

Nombre de pages : 376 pages

Note : 6,5/10

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Citations de ce livre (ATTENTION, risque de SPOILERS sur la lecture, vous êtes prévenus !) :

Et Jacob était de retour à la maison. Irrévocablement. Il n’était encore qu’un enfant, après tout. Il avait un père. Il avait une mère. Harold et Lucille étaient les deux pôles auxquels se limitait son horizon.

(…) alors que le monde entier continuait à exiger à cor et à cri que Jean et elle, à travers son art, accomplissent un acte jamais accompli, tiennent un rôle encore jamais joué, divulguent un secret encore ignoré de tous, qui éclairerait l’énigme suprême : celle de la vie et de la mort.
Mais Jean Rideau, lui, ne voulait plus qu’une chose : se tenir en silence au chevet de la femme qu’il aimait.

Chaque jour qui passait, l’humanité semblait sombrer un peu plus bas dans l’abomination. Et tout ce à Lucille parvenait à penser, c’était à Jacob.
Son pauvre, pauvre Jacob.

Les lettres qu’elle fixait toujours se brouillèrent. Elles lui faisaient l’effet d’être loin, très loin, comme si elles se déformaient à travers un brouillard épais. Mais elle les relut quand même.
« Je t’aime », disait le petit mot.
Puis, juste en dessous :
« Mais j’ai besoin de savoir. ».

C’est ainsi que le Pasteur Robert Peters dansa dans le centre de détention de Meridian, avec la jeune fille de seize ans qu’il avait jadis aimée. C’est ainsi qu’il lui mentit et lui promit qu’il la sortirait de là. Et elle lui mentit en retour en lui jurant qu’elle l’attendrait et qu’elle resterait avec lui à tout jamais.
Ils dansèrent ensemble une dernière fois, et ce furent là les ultimes paroles qu’ils échangèrent.
Partout dans le monde, on assistait à des scènes semblables à celle-ci.

Sa mère releva alors la tête pour le regarder.
– Oh ! Marty. Je t’aime tellement, mon fils.
Elle commença à tapoter ses poches, comme elle le faisait toujours lorsqu’il était petit et qu’elle voulait lui donner un bonbon.
Martin Bellamy serra sa main dans la sienne.
– Je t’aime aussi. Et cette fois-ci, je ne l’oublierai plus.

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