Le Cas étrange du Dr. Jekyll et de Mr. Hyde de R. L. Stevenson

Résumé : Un monstre rôde dans les brumes victoriennes de Londres. Il a piétiné une fillette, tué un député et roué de coups une marchande d’allumettes. C’est un petit homme difforme et mal habillé, qui inspire à tous ceux qui l’ont vu des sentiments mêlés de répulsion, de crainte et de haine. A quoi, à qui ressemble t-il ? Pourquoi les témoins oculaires de ses méfaits sont-ils incapables de décrire Mr. Hyde ? Issu d’un cauchemar de son auteur, salué par Henry James comme un « chef d’œuvre de concision », ce roman policier en trompe l’œil réserve une surprise de taille au lecteur, et comporte de nombreuses zones d’ombre. Dès 1886, Robert Louis Stevenson plonge dans les profondeurs déformantes du miroir de l’âme humaine jusqu’aux racines de l’inconscient.

Voilà enfin, ma critique de ce roman de la littérature classique anglaise, que j’ai lu depuis un moment pour une lecture commune, proposé par Isa du blog la chambre rose et noire, pour fêter Halloween ! ^^ Et on peut dire qu’on était dans le bon thème avec ce livre ! 😉 Je ne suis donc pas déçu d’avoir enfin découvert cette œuvre de Robert Louis Stevenson, que j’avais envie de lire depuis plusieurs années et dont j’aimerais voir son adaptation moderne de 2007 en mini-série nommé « Jekyll » et créé par Steven Moffat (à qui on doit également la version moderne de 2010, des aventures du détective de la littérature classique anglaise, Sherlock Holmes, avec la merveilleuse série « Sherlock » ! ^^) ! 🙂

Je pense que tout le monde connaît un minimum l’histoire de cette nouvelle, comme moi avant de le lire ! 😉 Cette dualité entre un homme bon, le Dr. Jekyll et un homme sans pitié, Mr. Hyde, qui sont en réalité une seule et même personne ! 🙂 Et justement, c’est cette connaissance qui m’a fait comprendre toute l’histoire dés le début du roman, contrairement au personnage principal de Mr. Utterson, l’ami du Dr. Jekyll, qui est celui qu’on suit, durant tout le récit.

Mais, ce n’est pas un point négatif, bien au contraire, puisque ça nous permet de bien ressentir le suspense et la tension, de quand et comment, Mr. Utterson va découvrir le terrible secret de son ami de toujours. Et surtout, des conséquences que peuvent avoir eu les méfaits de Mr. Hyde, à travers l’insouciance du Dr. Jekyll, pour ses proches et les habitants de la ville de Londres !

D’ailleurs, c’est plutôt bien joué de la part de Robert Louis Stevenson, d’avoir utilisé comme décors, les rues désertes et dans la brume de la magnifique ville de Londres au XIXe siècle, donne à l’histoire cette ambiance inquiétante, qui va poursuivre chaque personnage du roman, jusque dans leurs pires cauchemars ! Un peu à la façon de ce que va représenter Mr. Hyde pour beaucoup de gens dans cette histoire : le monstre sanguinaire tapis dans la brume et la nuit ! 😉

Donc, on va vivre « l’enquête » de Mr. Utterson pour découvrir qui est ce Mr. Hyde qui fait peur a tout le monde et qui commet des actes innommables, et en quoi son ami, le respectable Dr. Jekyll, est impliqué dans les affaires de Mr. Hyde, au point de lui léguer son héritage, si jamais il venait à mourir !

En plus de ça, nous allons avoir dans la dernière partie, l’histoire du point de vue du Dr. Jekyll, qui nous raconte comment tout a débuté et comment ça a pu dégénérer de la sorte, à cause d’une partie de sa personnalité plus sombre et sournoise, qui avait besoin selon lui, d’avoir sa propre identité. Son intelligence arrogante et dénouée de principe, si ça lui permet d’avoir le succès qui l’inspire tant, vont finir par lui causer sa perte, en la personne de Mr. Hyde, la pire et laide partie de lui-même, qui a enfin un visage et son propre corps, qui ressemble ni plus, ni moins, a un monstre dénué de sentiments et de remords et bourré de vices et de cruautés pour autrui !

Avec ces deux personnalités diamétralement opposées, Robert Louis Stevenson explore la psyché humaine à son paroxysme, avec cette part d’ombre qui sommeil en chacun d’entre nous, et que selon les personnes, cette partie sombre peut être l’équivalant d’un monstre, si on ne prend pas gare a le laisser dormir au fond de soi ! C’est le genre de sujet, qui ici prend vie a travers un élément fantastique, mais qui est très intéressant, et au fond, fait froid dans le dos quand on y réfléchit bien !

Bilan : C’est une histoire horrifique bien prenante, avec une ambiance particulière et avec un message sombre sur la psyché humaine ! Tout pour faire une histoire d’horreur digne de la fête d’Halloween ! 🙂 Robert Louis Stevenson maîtrise son sujet de bout en bout, avec un suspense prenant, et une tension que l’on ressent jusqu’au bout ! ^^ Les personnages sont bien employés et intéressants, et sont aidés par une histoire qui mêle fantastique, enquête, psychologie de l’âme humaine et histoire cauchemardesque ! Voilà encore un très bon classique de la littérature anglaise que j’ai découvert et qui me donne vraiment envie d’en lire d’autres ! 🙂 Une lecture que je conseille à lire une fois dans sa vie ! 🙂

Nombre de pages : 153 pages (122 pages du roman et 31 pages de commentaires sur l’œuvre de R. L. Stevenson, que j’ai eu dans mon édition)

Maison d’édition : Le Livre de Poche

Note 8/10

9782253042921

Citations de ce livre (ATTENTION, risque de SPOILERS sur la lecture, vous êtes prévenus !) :

Alors il comprendrait l’étrange attirance que cet individu exerçait sur le docteur Jekyll, la servitude (si le mot n’était pas trop fort) à laquelle le rôdeur nocturne semblait avoir réduit le médecin et les clauses stupéfiantes de son testament. « De toute façon, songeait encore M. Utterson, il serait passionnant de pouvoir scruter le visage de cet homme cruel… un visage auquel il a suffi de se montrer pour inspirer, au si calme Enfield, une haine qui n’est sans doute pas près de s’apaiser. »

 

En effet, Utterson voyait pour la première fois ce quartier de Londres aussi désert. Il l’aurait préféré plus animé, car, jamais au cours de son existence, il n’avait éprouvé un si grand désir de coudoyer ses semblables, de les sentir autour de lui. Il avait beau multiplier les efforts, il ne parvenait pas à chasser de son esprit le pressentiment d’une catastrophe. Le square, quand ils y parvinrent, n’était que vent et poussière. Les arbres, nus et flagellés, battaient des branches contre les grilles.