L’œil était dans l’arbre… et regardait de drôles d’oiseaux de Michel Picard

Résumé : Alors qu’il ensevelit un cadavre dans une caverne forestière de l’Ouest parisien, Adrien, presque dix-huit ans, a bien du mal à se remettre du cataclysmique règlement de comptes familial auquel il vient de survivre, notamment grâce à l’intervention déterminante d’animaux, face aux personnes qui les exploitaient. La veille, sa mère, productrice d’une émission télévisée, et son père, chirurgien esthétique, avaient dû répondre de leurs perversités commises depuis leur rencontre quasi-initiatique devant Le Cavalier de l’Apocalypse, un des Écorchés de Fragonard. Une autopsie à vif de la vie éminemment déviante de ses parents, menée par des inquisiteurs particulièrement vindicatifs…

Pour commencer, je tiens à remercier chaleureusement la maison d’édition L’Hamattan et l’auteur de ce roman, Michel Picard, de m’avoir proposé en service-presse ce premier roman de l’auteur, et de m’avoir fait confiance pour en parler et en faire une chronique sur mon blog ! 🙂 C’est la première fois qu’on me propose un service-presse pour un livre, donc je suis très heureuse de cette opportunité, surtout, avec un roman comme celui-ci, qui m’a beaucoup plu et qui était de qualité ! 😉

Tout d’abord, je suis impressionné par la réussite de l’histoire de ce roman, de bout en bout, sachant que c’est le premier livre de l’auteur ! 🙂 Ça reste impressionnant pour un premier départ dans la littérature, surtout pour un Thriller ! 🙂 C’est d’ailleurs, un très bon Thriller, diablement efficace dans son rythme, dans ce que l’histoire délivre, avec une légère touche d’humour noir qui fait mouche (comme j’aime tant ! ^^), et un message sous-jacent sur certains travers dans la lutte pour la protection animale. Un mélange surprenant aux premiers abords, mais qui marche fortement ici ! 😉

Au niveau du rythme, ce qui m’a agréablement surprise, c’est que les événements de l’histoire se passent sur deux jours uniquement ! C’est rare dans un Thriller, que les événements se passent aussi rapidement, car souvent, on a besoin de temps de trame (plusieurs jours à plusieurs années dans un Thriller !) pour installer et maintenir le suspense. Dans ce livre, tout se passe en moins de 48h (les 3/4 du roman se passant durant la première journée), et pourtant, le suspense est à son comble, et on a du mal a reposer le roman, tellement on veut savoir la suite de cette journée d’enfer pour les protagonistes ! 😉 Quand on dit qu’une seule journée/un seul événement peut changer toute une vie, on peut dire que pour Adrien et son entourage, cette citation n’en est que plus vrai ! ^^

Autrement, ce que j’ai beaucoup apprécié dans ma lecture, c’est qu’on sent dans l’écriture de l’auteur, qu’il est également un réalisateur, et je dis ça dans le bon sens du terme ! 😉 Je sais que certaines personnes n’aiment pas trop ce genre de procédé, de pouvoir s’imaginer scène par scène les situations comme dans un film, mais moi, j’adore ça ! 🙂 Moi qui suis cinéphile, j’aime énormément les livres qui peuvent me faire imaginer un film a part entière, à travers les lignes de son auteur, et c’est ce qu’a réussi à faire Michel Picard, dont la plume, a touché son expérience de réalisateur ! 🙂 Ce type de procédé d’écriture, m’a fait un peu penser à celle de Joël Dicker, et c’est un très gros compliment venant de ma part ! 😉 Après, je mettrais peut-être un petit bémol, sur trop de descriptifs sur les lieux et objets entourant nos personnages, car vu qu’on reste souvent dans les mêmes endroits en peu de temps, il n’y avait pas besoin de décrire aussi souvent leur environnement, qu’on connaissait bien après une centaine de pages… Mais, ce n’est qu’un petit détail, qui ne m’a pas du tout gêné dans ma lecture ! ^^

Tant que je suis dans les « bémols », je vais dire les derniers que j’ai relevé, et qui sont également au niveau de l’écriture. Pareil, se sont juste de tout petits détails, vraiment insignifiants sur le nombre de pages que contient le roman, donc ça ne pose aucun problème dans le plaisir de cette lecture, qui je le redis, est une très bonne lecture ! 🙂 Les fameux bémols, c’est que j’ai croisé 3 ou 4 phrases un peu maladroite (ce qui est tout à fait normal dans un premier roman, je le rappelle ! ^^), mais sur un livre de pas loin de 440 pages, c’est vraiment minime ! ^^ Puis, un petit souci au niveau de la ponctuation dans les 100 premières pages, où j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup trop de points de suspension, là où, parfois, ça aurait été mieux de mettre un point d’exclamation ou tout simplement un point final. Mais après les 100 premières pages, je n’ai plus vu ce souci (à part peut-être des points d’interrogation dans les dialogues de la dernière partie, qui selon moi, auraient dû être des points d’exclamation), donc rien de bien méchant et qui n’entache en rien la qualité du récit ! 😉

Pour revenir sur la qualité du récit, Michel Picard a une très bonne maîtrise dans le fait de décrire et présenté ses personnages, hauts en couleurs ! ^^ Aucun d’entre eux n’est tout blanc, certains sont juste horribles de base, mais ceux que nous devrions considérer comme les héros, ont cette nuance de gris, qui les rend intéressant et on s’inquiète de leurs sorts, puisque on ne sait pas si le destin (représenté selon moi par les animaux qu’on croise dans le roman) voudra leur faire payer leurs passifs ou décisions douteuses… Pour les « méchants » qui sont tout aussi horribles les uns que les autres, une touche d’humour bien noir et caustique est là, pour compenser les horreurs qu’on découvre au fur et à mesure sur eux, et ça fait du bien pour alléger les découvertes de leurs ignominies et ça leur donnent la monnaie de leur pièce, bien méritée ! ^^ Et rien que pour la fin, avec ce côté méta et « la boucle est bouclée », je dis chapeau à l’auteur d’avoir su aussi bien conclure son histoire ! 🙂

C’est également ce que j’ai aimé dans ce livre : le message qu’a voulut faire passer l’auteur. Michel Picard, ayant tourné plusieurs émissions sur le monde animalier et sur la protection animale, a voulut montrer une vérité satirique, sur certaines choses peu scrupuleuse qu’il a pu voir, durant cette période de sa carrière… Ça se sent à travers ses lignes et on sent que ça lui tient a cœur, de faire découvrir cette vérité dérangeante, mais néanmoins nécessaire, pour dénoncer un système malade et avide d’argent et de célébrité, où s’est les animaux qui en pâtissent le plus, dans le cheminement de la gloire de certains êtres humains… Du moins, c’est ce que j’ai compris et ressentit en lisant ce livre, mais je ne pense pas me tromper, que s’est ce qu’a voulut faire passer l’auteur à travers son récit ! 🙂

Bilan : « L’œil était dans l’arbre… et regardait de drôles d’oiseaux » est un très bon premier roman pour son auteur, qui peut être fier d’avoir réussi un bel ouvrage dés le premier essai, malgré quelques maladresses, qui sont toutefois bien normal, pour un premier livre de ce gabarit ! ^^ De toute façon, ces maladresses n’entache en rien la qualité de l’histoire et de l’écriture de son auteur, qui sont remarquable et donne une vraie authenticité, a ce roman pourtant fictif ! 😉 Un Thriller efficace, qui sait ménager son suspense, tout en faisant monter le rythme crescendo, et avec un vrai message à faire passer, et une dose d’humour caustique plus que bienvenue ! 🙂 Pour moi, ce roman est une vraie réussite et je le conseille a tous ceux qui aime les Thrillers bien glauques, mais efficaces, et qui tienne leurs promesses ! 😉 J’espère que Michel Picard continuera à écrire, car il a un talent certain pour l’écriture, en plus de celui de réalisateur ! 🙂

 

Nombre de pages : 439 pages

Maison d’édition : L’Harmattan

Note : 8/10

9782343178943b

Citations de ce livre (ATTENTION, risque de SPOILERS sur la lecture, vous êtes prévenus !) :

Ses tremblements cessèrent et elle se remit à écouter « Sweet Georgia Brown », en effleurant le cygne tatoué sur son épaule droite, afin que le traumatisme qu’il symbolisait ne reprenne pas son envol.

Tout ce qu’il avait vécu ce matin semblait annoncer plus une tragédie qu’une comédie. D’un seul coup il voulut fuir, ne pas participer, ne pas être concerné, mais sa gargouille protesta face à sa lâcheté. Sa part d’ombre, elle, n’avait pas peur du lever de rideau, ni de jouer un rôle sous le feu des projecteurs.

Ce vide, grandissant au-dessus de sa tête, donna brièvement à Marina, avant tout infirmière, le sentiment d’être aspirée sur le piston d’une gigantesque seringue plantée dans un monde souterrain contaminé, dans le but de l’assainir.